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Ils ont semé dans les larmes

Au Burkina Faso, l’Union Nationale des Établissements Secondaires (UNESC) a fêté ses 50 ans en 2019. En décembre, cette année jubilaire s’achevait par une célébration au cours de laquelle des décorations ont été remises à divers acteur de l’Enseignement libre, dont Sœur Malou Derory pour Sr Marie Pierre.

«  Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie. Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence  ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes  » Ps 125, 5-6

C’est avec ces belles paroles d’espérance et de joie du psalmiste que l’Union Nationale des Etablissements Secondaires Catholiques (UNESC), a célébré  ses 50 ans d’existencesous le thème «  50 ans au service de l’Eglise et de la Nation dans l’Éducation. Défis et perspectives  ». Les activités qui ont marqué cet événement se sont déroulées du 5 au 7 décembre 2019 à Ouagadougou, dans l’enceinte du Collège Notre Dame de Kologh-Naaba. Née littéralement dans la douleur le 18 juillet 1969, l’UNESC donne aujourd’hui à la Nation burkinabé l’occasion d’une joie contagieuse. Avec la force de l’Esprit Saint, elle a su trouver les voies et moyens pour préserver l’éducation catholique dans le pays. A sa création, l’UNESC comptait 18 établissements scolaires. Aujourd’hui, elle a, à son actif, 87 établissements répartis dans les 13 régions du pays.

« Qui sème dans les larmes,
moissone dans la joie.
Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
Il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes »
Psaume 125

Des pistes de solutions ont été proposées pour assurer une éducation qui sait sauvegarder les valeurs morales et sociales des sociétés en mutation. Il a été aussi question de trouver une stratégie éducative pour responsabiliser les élèves face à l’expansion des TIC[1] et leur donner les moyens, grâce à la qualité de l’éducation, de pouvoir s’insérer dans le monde professionnel. Une marche aux flambeaux dans la soirée du 6, a permis de prier pour la paix et confier à Marie les élèves qui ne vont plus à l’école à cause de l’insécurité qui règne dans leur région.

Sr Malou Derory – Supérieure générale

Monsieur Seydou ZAGRE, Directeur de cabinet du Président du Faso  a procédé à la remise de médailles honorifiques à une cinquantaine d’acteurs de l’UNESC. Parmi eux, les Petites Sœurs de la Sainte Enfance, représentée par leur Supérieure Générale, Sœur Marie Louise DERORY[2]. S’en est suivie la célébration eucharistique qui a marqué de façon solennelle le point culminant du jubilé présidée par le cardinal Philipe Ouédraogo, entouré de plusieurs concélébrants.

Dans son homélie, le Cardinalprécisait  : «  Il y a ce qu’il y a, il faut ce qu’il faut, on fait ce qu’on peut… Jamais en arrière, toujours en avant  ! Dans le domaine de l’éducation que ce soit intellectuelle, humaine et spirituelle, il faut toujours aller de l’avant en innovant. Votre manière d’évangéliser c’est l’éducation c’est par là que vous allez donner Jésus à tous ces jeunes ».

Au terme, il ressort un bilan très positif car des présidents et de nombreux ministres et cadres de nos jours sont issus des établissements catholiques. Selon Monsieur Seydou ZAGRE  : « L’UNESC siffle le rassemblement sur sa contribution à la formation des enfants du pays et lance une réflexion sur « comment continuer à faire mieux ». Le bilan est largement positif et le mérite consiste à continuer à s’interroger sur comment faire mieux… ».

Evelyne Somé

De gauche à droite : Sr Hortense – Sr Malou – Sr Evelyne

[1] Technologies de l’Information et de la Communication

[2] En référence au Collège Sainte Thérèse de Banfora qui faisait partie des 18 établissements au début de l’UNESC grâce à sœur Marie Pierre, de vénérable mémoire.

Arrivée au noviciat

Dès le 14 septembre, j’étais attendue  au noviciat des Petites Sœurs de la Sainte Enfance. Accompagnée par mon frère aîné, nous avons trouvé les sœurs en recueillement à la chapelle. Elles sont venues nous accueillir chaleureusement. Après les salutations et la demande de nouvelles, mon frère a pris congé de nous…

Rosalie Zongo

Après deux jours de découverte de la maison (que je connaissais déjà), je suis entrée dans la préparation spirituelle pour mon entrée au noviciat. Durant trois jours de recueillement et de méditation de la Parole de Dieu, je me suis décidée à faire cette démarche de foi pour suivre le Christ et me laisser former par mes responsables.

La cérémonie a été honorée par la présence de la Supérieure Générale, les sœurs de la communauté de Dassouri  paroisse, sœur Victoire, de la communauté du secteur 5 de Bobo, sœur Alice de la communauté de Koudougou et les sœurs du noviciat.

Cette célébration a débuté devant la chapelle par un mot d’accueil exprimé par une formatrice. Elle m’a offert le Zoom-Kom (eau de farine)  signe de bienvenue dans cette maison de formation.

Après cet accueil commence le rite de la célébration avec la procession d’entrée, je porte dans mes mains une bougie allumée, signe de la présence du Christ qui nous illumine et éclaire le monde.

Dans la chapelle, la maîtresse du noviciat adresse un mot d’accueil.  Ensuite vient la lecture de la Parole de Dieu qui porte sur l’Annonciation. J’ai choisi ce texte pendant ma préparation spirituelle. La Vierge Marie, Mère et Modèle des consacrés est la Mère de toute vocation. Ainsi, par ce choix, je veux aller à l’école de Marie, en me laissant conduire par l’Esprit Saint. Le rite d’entrée au noviciat est précédé du rappel de l’objectif de cette étape par la responsable  du noviciat. Un dialogue s’établit entre la Supérieure Générale et la novice, pendant lequel j’ai exprimé mon désir d’entrer dans cette étape de formation. À cet effet, elle m’invite à recevoir le livret de formation et à signer le registre.

La célébration s’est terminée par une action de grâce, des prises de photo, des félicitations et des encouragements. Tout cela a été couronné par un repas fraternel.

Rosalie Zongo

Le Cantique des cantiques

Analyse isotopique d’un texte sacré

La sémiotique, science attachée à l’étude de la signification, n’est pas biblique. Mais puisqu’il s’intéresse aux littératures et part des textes écrits, le domaine biblique est un champ possible d’étude car la Bible nous est donnée comme un texte à lire et à décrypter. Le choix de ce livre biblique, Le Cantique des Cantiques, tient compte de sa particularité littéraire. C’est un livre poétique très riche, unique en son genre, qui célèbre l’amour avec des accents romantiques très marqués, ce qui en fait un objet littéraire intéressant. Tout le message biblique pourrait se résumer à l’amour que chante la bien-aimée en ouverture du poème : « Qu’il me baise des baisers de sa bouche » ; un amour manifesté par le bien-aimé qui « bondit » et tire le désir vers l’avant. La théorie de l’isotopie, qui obéit au principe d’immanence, a permis de faire une lecture sémantique et profane de ce livre biblique sous un angle littéraire, non théologique. N’est-il pas vrai que tout texte est un intertexte et un texte en situation ?

Domonguilé Evelyne Sylvie SOMÉ est née à Guéguéré, province du Ioba, dans le sud-ouest du Burkina Faso. Elle est religieuse dans la congrégation des Petites Sœurs de la Sainte Enfance depuis 2000. Elle est titulaire d’une maîtrise en lettres modernes (option sémiotique) et d’un CAPES en français. Elle dispense des cours de français au complexe scolaire Sainte Thérèse de Banfora.

Danser pour exister

Danse gracieuse des jeunes palestiniennes

Un événement tout aussi surprenant que réjouissant est venu s’inviter chez-nous au 12 rue Commandant Charcot, le 23 septembre dernier.

La troupe de danse palestinienne « Ghorba[1] » invitée par l’association « Partage » est venue se produire au Palais de la Mutualité à Lyon : un groupe de 16 jeunes filles et garçons de 13 à 18 ans ainsi que leurs accompagnateurs, soutenus par le centre culturel IBDAA[2] créé en 1994 par et pour les habitants du camp de réfugiés de Dheisheh, près de Bethléem.

« La troupe s’appuie sur les chants et danses du folklore palestinien pour faire connaître au monde entier, l’histoire et le quotidien des Palestiniens. »

Nous nous habillons le cœur

Pour accueillir cette troupe, il fallait bien sûr, trouver différents lieux pour héberger ces jeunes et la maison mère a été sollicitée, les réunions de l’association Partage se faisant au 12. Il était donc convenu que nous accueillerions 5 jeunes.

Branlebas de combat ! Nous préparons cet accueil qui n’aura duré que 24 heures. Leurs chambres sont préparées avec attention, le mot « bienvenue » en arabe est sur chaque porte… Tout est prêt.

Mais avant de les accueillir, nous nous devons de participer au spectacle. Samedi soir à 20 h 30 une dizaine d’entre nous se retrouve au Palais de la Mutualité dans une ambiance chaleureuse et une salle presque comble.

Nous nous laissons porter par ces danses auxquelles se mêle le frappement des mains de l’assemblée qui communie au rythme et à la joie de la troupe dansante. La deuxième partie durant laquelle les danseurs ont raconté par la danse, l’histoire de leur pays fut un moment fort. Impossible de comprendre ce qui se disait, mais les gestes et les différentes scènes étaient parlants : guerre, violence, mort, exil, tristesse…

Toute la salle est enthousiaste et applaudit généreusement à la fin du spectacle.

L’après-spectacle

De retour à la maison, nous attendons les jeunes pour les accueillir. Surprise : ce ne sont pas 5 comme annoncé, mais 6 qui nous arrivent, dont l’accompagnatrice, Sophie qui est béninoise et vient de Compiègne où se trouve le siège de l’association « Partage » pour la France.

Après le repas, il est déjà tard, l’heure de les conduire sur leur lieu de repos pour une nuit réparatrice.

Dimanche matin, départ du groupe vers 10 h 15 pour une détente avec l’ensemble du groupe. Il est prévu une « promenade » sur la Saône ; puis pique-nique et visite du Vieux Lyon.

Le soir après les vêpres, le groupe nous rejoint pour un temps de partage, difficile à cause de la barrière de la langue. Heureusement, Sophie et nos sœurs du Chemin Neuf sont là pour traduire soit à partir de l’arabe, soit à partir de l’anglais ! Grâce à elles, chacune peut se présenter, et nous échangeons sur leurs conditions de vie dans le camp de réfugiés de Dheisheh.

Pour le souper, les tables sont disposées comme aux jours de fête ; les sœurs du Chemin Neuf sont réparties pour assurer la traduction. Peu à peu les jeunes se sentent à l’aise et proposent leur aide pour le service, un moment très « chouette » !

Puis retour dans les chambres, préparation des bagages et « au-revoir » plutôt « poignant » : l’émotion est présente, des liens se sont créés.

Un week-end qui a demandé de l’investissement pour l’organiser mais qui nous a ouvertes sur d’autres réalités.

Les palestiniennes avec les sœurs de la maison mère et les sœurs du Chemin Neuf

[1] Ce qui veut dire « Exil »

[2] Ce qui veut dire « Capacité créative »